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11/02/2009

Liberté(s)

Dans l'idée, sur le papier, la liberté ça a l'air super : une espèce d'état magique où l'on ferait exclusivement ce que l'on sent comme on le sent. Dans la vraie vie, ça vient rarement tout seul. Ca se sert plus ou moins cuit avec la connaissance de soi et celle de l'autre, et avec les limites qu'on se met. Du coup, la belle liberté, celle pour laquelle des gens se sont battus et sont morts, celle des films dont on ressort le coeur serré et la gorge étranglée, moi je la croise pas souvent.


Tiens par exemple, là, y'a plein de choses que j'aimerais écrire ici. Et je ne peux pas.

Dans ce petit bout de web où pourtant je revendique ma liberté de ton. Mais quelle liberté si on se sait lu et que l'on respecte ceux qui nous lisent? Si l'on se sait si proche qu'ils sauront lire, ici la fêlure a demi avouée, là l'attaque savamment voilée. Comment continuer de vouloir l'exercice exutoire si l'on bride, censure et tait ce qui compte sous prétexte que ça viendra pile sous les yeux avertis de ceux à qui justement l'on s'adresse? Comme celui qui me ferme la porte de son bureau. Comme celle qui ne répond plus au téléphone. Comme cet autre qui ne prend même pas deux secondes pour répondre à ce mail.

L'autre soir, je découvre au hasard d'une conversation qu'un ami a eu besoin d'un bout de web loin de nous un temps, pour écrire ses bouteilles dans une mer où les poissons ne se tutoient pas. Et je comprends.

Mais je ne sais pas si finalement toute cette liberté due à l'anonymat n'est pas aussi quelque part le plus sûr moyen pour moi de n'avoir rien à dire.

Parce que je ne sais écrire qu'en t'écrivant, à toi. Qu'en poussant ces mots de ma petite tête écervelée jusqu'au bout de mes doigts, qui les tapent sur un clavier, te les offrant en pâture à toi. C'est un "toi" bien singulier. Pluriel.
Indispensable.
Quand je déverse mes humeurs, je me sais entendue et ça me force à relativiser. Quand je laisse tourner Deezer en m'improvisant jukebox, je sais déjà qui criera aux goûts de merde en baissant le son de son ordi et qui aura le sourire pour la journée. Bref, si je suis devenue si assidue à remplir ces colonnes, c'est aussi que je me sais lue par quelques uns que j'aime, d'autres que je ne connais pas mais qui trouvent ici une voix à écouter qui les agace ou leur plait selon les jours.

Pour finir cette note pas très claire, je citerai Marguerite Duras (une fois n'est pas coutume) : "Ecrire, c'est aussi ne pas parler. C'est se taire. C'est hurler sans bruit". Et bien tu vois, moi quand je ne suis plus si à l'aise avec ma liberté, j'arrête d'écrire. Et de hurler.  Et je m'écoute réfléchir... (et ça te fait des vacances)

Commentaires

Je crois qu'on ne peut pas se sentir complètement libre quand on tient un blog. Et cette liberté de ton que revendiquent les blogueurs me semble effectivement très relative car ils tiennent forcément compte de leur lectorat à un moment où un autre !

Mais quoi qu'il arrive, continue ce que tu fais tant que tu en as envie, moi, j'adore ;-)

Écrit par : L-tz | 11/02/2009

Ben oui.

(Tout ça)

Écrit par : Barbara | 11/02/2009

L-tz : :)
(et le bisou du jour aussi)

Barbara : Ben oui... (pareil)

Écrit par : Mathilde | 11/02/2009

Moi j'aime bien quand tu hurles, avec ou sans musique ;)

Écrit par : In Cold Blog | 11/02/2009

C'est marrant, je ressens la même chose: des incompréhensions que je ressens avec des proches sans que ce soit verbalisé, de la gêne, un truc latent que je ne sais pas définir. Alors j'ai écris des choses là dessus, sans jamais les publier: les personnes concernées se reconnaitraient bien trop vite.

Écrit par : Miss Blablabla | 11/02/2009

In Cold Blog : merci (contente de te lire ici)

Miss Blablabla : oué c'est le risque, moi j'arrive même pas encore à écrire dessus, ça tourne juste dans ma tête, mais un jour ça sortira (quand les gens auront oublié...)

Écrit par : Mathilde | 11/02/2009

Je me suis senti libre sur mon blog. Pendant au moins 3 mois. Après, c'était fini. C'est tout le paradoxe. On veut un endroit rien qu'à nous, on y cache son identité et tôt ou tard, on se rend compte qu'il n'a de valeur qu'en l'exposant aux yeux des autres, en laissant trainer comme des actes manqués des indices. Avant d'accepter de s'exposer vraiment.
En même temps, moi j'y trouve un très bon moyen de ne pas avoir à formaliser et rationaliser ce qui peut ne va pas. Comme pour ne pas s'y arrêter. Pour certains, refuser de s'y arreter est probablement un signe de déséquilibre, je crois que c'est mon équilibre. Mais au final, on connait tous ton problème de Liberté(s).

Écrit par : Eric | 19/02/2009

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