14/11/2013

Les garçons et Guillaume, à table !

Mardi soir j'ai eu la chance de découvrir le film de Guillaume Gallienne : Les garçons et Guillaume, à table ! Si je ne savais pas grand chose de ce film, je partais avec des a priori positifs. Déjà parce qu'on m'en avait dit beaucoup de bien mais aussi parce que j'ai découvert Guillaume Gallienne dans Jet Set où il était la lumière et la finesse de ce film raté pas exactement réussi.
Tu comprendras donc ma joie quand Gaumont m'a proposé de voir le film. Et mardi est arrivé, et j'ai vu ce premier film touchant, déroutant, bouleversant. Allez, je te raconte (mais sans spoiler tu me connais) pourquoi tu vas foncer le voir en salles à partir du 20 novembre.

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Alors comment te dire...
Ce film est en partie autobiographique et totalement beau. Il est de ces petits moments de magie qui traversent les écrans de cinéma, de ceux qui touchent juste.
C'est bien écrit, intelligemment tourné, emprunt de la bienveillance si chère à Guillaume (oui je vais l'appeler Guillaume, on a quand même discuté mardi) (et il m'a appelé Mireille) (et puis je fais ce que je veux) (ok, je suis encore plus fan depuis que je l'ai vu) (on va pas passer la journée dessus... je vais m'en remettre).

Dans mon fauteuil rouge, je suis passée par beaucoup d'émotions durant la projection : la surprise, la colère, la tristesse, la joie. Les larmes à peine séchées et le sourire bien dessiné j'ai réalisé que cet OVNI fonctionne grâce à la générosité, l'humilité et la pudeur de Guillaume pour nous conter ses vérités, sa vérité. D'autre part, Guillaume a raison de se dire très bien entouré : le casting est top et tous les acteurs et figurants sont exactement au bon endroit.

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Très vite, on oublie que Guillaume campe tour à tour la Maman et le fils de 15 ans qui grandit. Et à tous ceux qui pensent voir un film sur l'homosexualité j'ai envie de dire que c'est bien plus que cela. C'est d'amour qu'il s'agit, de famille, de fratrie, de vilain petit canard et de cygne blanc un peu différent, de l'envie de se démarquer qui le dispute à l'envie de se fondre. Et d'un garçon qui pensait être une fille pour faire plaisir à sa maman. C'est l'histoire d'un petit garçon qui sait déjà. Qui sent bien. Un jeune garçon qui devient acteur juste avant de devenir un homme.

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Guillaume a fait couper le générique de fin (aussi long que celui de Star Wars a-t-il dit) pour vite venir échanger avec nous, s'étonnant des "jeunes" dans la salle, et nous donnant tellement pendant presqu'une heure et demie de questions/réponses.

Cet homme-là nous a parlé des "très grands" du théâtre et du cinéma et je crois bien qu'il est sur leur chemin. Cet homme-là n'avait rien d'horizontal en face de nous mardi soir. Cet homme-là porte en lui l'archi-duchesse Sophie et ça le rend plus viril et attachant que tous les Jeremy réunis. Cet homme-là sait donner et recevoir, et s'il n'aime pas les pitch, j'ai déjà envie de voir son prochain film. Cet homme-là sait parler aux femmes. Et des femmes. Des siennes surtout mais aussi des autres. Cet homme-là s'y entend pour nous regarder comme il faut.

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Alors, je te laisse la bande annonce et un de mes extraits préférés (que je recopie de mémoire, alors Guillaume et toi, vous voudrez bien me pardonner les inexactitudes).

"En fait, la grande différence des femmes, c'est leur souffle. Il est plus doux, plus variable aussi, moins linéaire, moins homogène, voilà ! Le souffle d'une femme varie tout le temps selon qu'elle est émue ou concentrée, séductrice ou charmée. Les hommes, ils n'ont que deux manières de respirer, pas plus, selon qu'ils sont calmes ou excités. Leur souffle n'est relié à rien, si ce n'est le petit soldat qui est en eux et qui doit surtout ne rien montrer de ses émotions. Tandis que les femmes, c'est incroyable, leur souffle est relié à leurs plus profondes émotions, à ce qu'elles ont de plus intime. Bon, bien sûr, elles savent en jouer, et elles ne s'en privent pas d'ailleurs. Mais ça aussi j'ai appris à le reconnaître, et à le reproduire... Ainsi, je les ai tous appris... tous les souffles, toutes ces respirations qui faisaient battre mon cœur à l'unisson avec les femmes."

... J'ai autant de mal à terminer ce billet qu'à quitter la salle l'autre soir. Une envie de m'éterniser dans cet imaginaire-là, d'échanger encore avec cet auteur / acteur / homme-là décidément bien talentueux et obstinément humain.
De lui dire, surtout, que le pari est drôlement réussi.

Je laisse les notes de la fin à Dire Straits que j'ai en tête depuis mardi, et les mots de la fin à Guillaume (what else ?).

"On dit que pour faire un bon film, il faut une femme et un revolver. Bon, alors, dans mon film, la femme est jouée par un homme, et le revolver, c'est une couette. Mais bon, on dit aussi que pour faire un film, il faut parler de ce qu'on connaît. Et donc je connais un homme qui, ceint d'une couette, peut faire une très belle femme. N'est-ce pas Maman ?"

Commentaires

Ce n'est pas une chance, c'est un privilège ! Tu n'imagines même pas à quel point je suis jaloux.
J'ai hâte de voir ce film. Rien que la bande-annonce est jubilatoire. Déjà, à défaut d'avoir pu assister aux représentations de la pièce, j'avais pris un plaisir immense à la lire.
Et puis, c'est Guillaume Gallienne. Celui que j'adore écouter dans Ça peut pas faire de mal.
Bref, comme Sylvie Joly dans sa lettre à Johnny, je peux dire : Mon Guillaume, je t'aime. Mon Guillaume, je te veux. ;-)

Écrit par : In Cold Blog | 14/11/2013

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Hello ça fait plaisir de te lire ici !
Jalousie avouée, jalousie pardonnée ;)
Il ne te reste plus si longtemps à attendre pour voir ce petit bijou. Vraiment, j'ai été scotchée, c'est si touchant. En tout cas, tu me donnes envie de lire la pièce pour garder encore un peu de magie avec moi.
(sacrée Sylvie Joly...)
Des bises !

Écrit par : Mathilde | 14/11/2013

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