31.07.2008

Ma 1ère paire de repetto de grande fille

Quand j'étais petite fille, j'ai fait de la danse classique.
Si tu sais le tutu rose, les petits chaussons de danse en 25 avec les rubans que tu attaches et tout, le piano dans un coin de la salle au parquet ciré et la dame qui compte. A trois ans, j'ai débarqué les bouclettes emprisonnées dans un chignon dit de danseuse (en fait un truc super serré vissé sur le haut du crâne et enserré dans un filet rose) qui me rendait super fière.

J'étais équipée de pied en cap (mes soeurs étaient passées avant moi par cette salle de cours) repetto partout sur moi, les fins collants blanc, le tutu rose dont le jupon tenait tout droit et au décolleté pousse au crime... Ahah.
Je me suis avancée à la suite de Marie, ma grande copine de maternelle, dans la salle aux volumes impressionnant. Notre groupe de toutes petites filles, aux ventres rebondis et aux cheveux tirés, peinant à occuper l'espace. Casse Noisette ou Mendelsonn au piano (en vrai cje n'arrive pas à me souvenir si c'était un piano ou un mange disque, mais le piano ça tape plus non ?).

Bon, on est en 82 et mon histoire d'amour avec repetto commence à mon insu. A l'époque peut m'importe la marque pourvu que le tutu "tourne bien" et que la couleur me plaise (rose ou blanc quoi, une fille hein). Parce que ça se sait que quand le tutu ne plait pas les exercices à la barre ou au sol, le douloureux papillon et la révérence on y arrive moins bien, même pas la peine de tenter un saut de biche dans un tutu forcé.

Voilà l'adolescence et l'âge où le tutu sied moins, où les chaussons de danse se transforment en instruments de torture, où pour ne pas trop abîmer ses pieds on enfile une escalope de veau bien tendre avant d'enfiler ses repetto taille 36. Où l'exercice est autant de tenir ses pointes que de garder le sourire pas trop crispé quand justement on s'applique à rester en pointes.
Marie a arrêté la danse.
J'ai commencé le modern jazz qui va bien mieux à mes 13 ans (et qui conjugué au piano me fait de bonnes semaines), je vois bien que la prof compte pour rien, la salle ne m'impressionne plus et les tutu ne suffisent plus à m'émerveiller...
Je sens que ma carrière rêvée de danseuse étoile s'étiole, je me prends à souhaiter que le piano joue Bruel ou Goldman.

Arrivent mes 14 ans et je raccroche mes chaussons, au grand dam de ma mère, je n'y peux rien je trouve que petite ça va mais passé un certain âge soit on est super douée et on danse à l'opéra Garnier, soit pas et on reste sur les dancefloors payants des discothèques !
Repetto et moi on se sépare sans larmes ni cris.

Et puis me voici grande, plus d'ambition de petit rat vieillissant, plus d'envie de parquet ciré autrement que dans un sublime appart rue Etienne Marcel où je vivrais, et pourtant repetto revient dans ma vie.
Si. parce que leurs ballerines foulent les pavés de Paris et malgré les prix affolants de ces chaussures éhontément détournées de leur utilité première, je viens de m'offrir ma première paire. Et ce ne sont pas des ballerines, non ce sont des tongs. Améliorées. Et je suis fan !!

Parce qu'en dehors de l'impression de retrouver de vieilles amies (alors qu'on conviendra bien qu'entre mes chaussons croquignolets en 25 et mes tongs y'a un monde mais bon) je fonds pour le packaging desdites tongs améliorées. 

Et comme je ne peux pas te laisser comme ça, voici quelques photos de mes chaussures et une de moi en petit rat avec ma maman...
(Alex pour voir en grand faut cliquer sur l'image...)

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